Ozone

L’ozone est un polluant atmosphérique bien connu pour ses effets délétères sur la santé humaine et sur la végétation. En témoigne la canicule de 2003, qui a perduré pendant la première moitié du mois d’août et ses dramatiques conséquences sanitaires, largement imputables aux températures particulièrement élevées, mais aussi aux niveaux d’ozone, inédits par leur ampleur géographique et leur persistance.
Les deux épisodes de pollution à l’ozone survenus en juillet et août 2016, ont un profil très différent.

Ozone au cours de l’été 2016 : moins de  pics pendant les épisodes

Malgré une météorologie favorable à la formation d’ozone, l’analyse des observations de terrain faites par les AASQA couplées aux prévisions du système PREV’AIR, montre que le territoire français n’a pas subi les mêmes pointes de pollution qu’en 2003. Si les niveaux de concentrations ont été localement élevés, dépassant dans plusieurs régions le seuil réglementaire d’information de 180 microgrammes/m3 en moyenne horaire, la situation n’est nullement comparable à 2003, dans des conditions météorologiques similaires. Et les étés précédents peuvent être qualifiés de « calmes » en termes de pollution à l’ozone, du fait d’une météorologie propice. Le nombre et l’intensité des pointes de pollution à l’ozone ont donc bien diminué au cours des 10 dernières années, et il faut certainement y voir un signe de l’efficacité des plans de réduction des émissions d’oxydes d’azote et de composés organiques volatils, mis en place par la France, ses régions et les pays voisins.

Ozone au cours de l’été 2016 : un niveau moyen qui reste élevé

Mais le problème n’est pas pour autant résolu : l’analyse de l’été 2016 pointe un niveau toujours élevé des concentrations moyennes en ozone. Cette persistance d’un niveau « de fond » conduit au niveau actuel des indicateurs de concentration à visée sanitaire, recommandés par les experts de la santé. Selon ceux-ci, les effets de l’ozone doivent être encore sensibles. De plus, des études récentes tendent à montrer que les effets néfastes de l’ozone sur la santé se manifesteraient à des concentrations moins élevées que celles considérées jusqu’à présent.

Ozone au cours de l’été 2016 : le défi de la pollution transfrontière

Les épisodes ozone de l’été 2016 illustrent le rôle prépondérant de la pollution transfrontière dans la survenue des épisodes de pollution. Ce phénomène est un élément essentiel à prendre en compte pour améliorer la qualité de l’air, particulièrement vis-à-vis d’un polluant comme l’ozone. Même si l’ozone est issu d’un processus de chimie et de transport des polluants extrêmement complexes, la coordination à un niveau international des politiques de gestion peut engendrer une action efficace sur le facteur transfrontalier et in fine sur les concentrations d’ozone.

 

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L’épisode ozone de 2003, premier grand test du système PREV’AIR
C’est en 2003 que le système PREV’AIR, système national de prévision de la qualité de l’air, fut lancé par l’Ineris et le CNRS, à titre expérimental. Il permit de suivre l’évolution du panache d’ozone qui s’est développé sur une grande partie de l’Europe de l’Ouest durant cette période. Ce fut également l’occasion d’une publication [Vautard et al, 2005] analysant cet évènement exceptionnel et l’efficacité de mesures de gestion d’urgence. Ces mesures étaient basées sur la réduction des émissions de composés chimiques qui contribuent à la formation d’ozone : les oxydes d’azote et les composés organiques volatils (hydrocarbures).


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Qu’est-ce que l’ozone ?

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L’ozone au cours de l’été 2016 : les enseignements

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Réduction de la pollution à l’ozone : état des lieux

Quelles priorités dans la lutte contre l’ozone ?