Intervention de l'Ineris sur l'incendie de Lubrizol (Rouen) : décryptage

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S’appuyant sur un large spectre de compétences, allant de la recherche à l’appui opérationnel en situations d’urgence, l’Ineris s’est mobilisé en appui technique des services de l’État sur la gestion de l’incendie, survenu sur le site de Lubrizol à Rouen (Seine-Maritime), dans la nuit du 26 septembre 2019, et de ses conséquences.

Pour répondre à la mission qui lui a été confiée à sa création en 1990, l’Ineris a développé une approche globale des risques industriels et de leurs conséquences. Cette approche se fonde à la fois sur ses connaissances des risques immédiats d’accident de type « industrie chimique », et des risques de pollution de l’environnement sur la longue durée qui en découlent, à la fois pour la santé des populations et pour la biodiversité.
Les compétences pointues des équipes de l’Institut ont vocation à fournir des éléments techniques pour aider la prise de décision publique. Dans ce contexte, le savoir produit par l’Ineris doit répondre à des préoccupations concrètes de terrain et s’inscrit dans les contraintes de temps, imposées par la gestion de crise.

Dans le cadre de l’incendie de Lubrizol, l’Institut a mobilisé ses équipes pour apporter son appui à la gestion de crise, puis au dispositif local post-accident, piloté par la préfecture de Seine-Maritime. L’Institut est ainsi intervenu sur :

-    La dispersion des fumées de l’incendie dans l’atmosphère et les retombées au sol ;
-    L’analyse chimique des polluants contenus dans les dépôts de fumée ;
-    La mise en sécurité du site ;
-    L’évaluation des propriétés dangereuses des substances chimiques et l’évaluation des risques pour la santé.

L’intervention dès les premières heures de l’incendie de la Cellule d’appui aux situations d’urgence (Casu)

En cas d’accident industriel « chimique », l’expertise technique de l’Institut est mise immédiatement au service de l’État par le biais de la Cellule d’appui aux situations d’urgence (Casu). L’administration locale (Dreal, préfecture...) ainsi que les services d’intervention (SDIS...), peuvent ainsi bénéficier des analyses techniques à distance d’une équipe d’astreinte mobilisable 24h/24. Grâce à ce dispositif, l’Institut peut, en situation d’urgence, partager les connaissances et le savoir-faire acquis par des années de travaux de recherche et d’études sur la prévention des risques industriels.
L’équipe d’astreinte pluridisciplinaire de la Casu a la possibilité de solliciter toutes les compétences dont dispose l’Institut, en fonction des situations d’accident pour lesquelles elle est activée.
La cellule cesse son activité, dès que la situation d’urgence proprement dite a été traitée. Pour autant, si nécessaire, l’Ineris continue à apporter un appui dans la phase post-accidentelle. Cela a été le cas pour l’incendie de Lubrizol. La Casu représente un point de contact privilégié des pouvoirs publics, pour solliciter l’expertise de l’Ineris.

Dans le cas de l’incendie de Lubrizol, la Casu a été activée le 26 septembre vers 6h, pour préciser les risques immédiats, thermiques, toxiques ou de sur-accident, que les équipes d’intervention et les populations avoisinantes encouraient.
Dans le cadre d’un accident, la Casu intervient d’abord dans une logique de risque technologique dit « majeur ». Les questions techniques qui lui sont posées, portent sur les risques immédiats les plus graves : effets irréversibles sur la santé, voire décès ; effets irréversibles sur l’environnement naturel ; dommages matériels pouvant présenter un risque supplémentaire pour les personnes ; persistance et propagation du phénomène dangereux causant l’accident... S’agissant de l’impact sur la santé, par exemple, la Cellule a été interrogée sur la toxicité aiguë des fumées (exposition unique, à tout le moins brève, à des concentrations fortes, voire très fortes, de substances).

La Casu intervient également dès les premières heures de l’incendie, pour conseiller de réaliser des prélèvements dans l’environnement, pour permettre la caractérisation  des risques à plus long terme générés par l’incendie, en particulier les risques dits « chroniques » (exposition de longue durée des personnes, de la faune et de la flore, à de faibles doses de contaminants susceptibles d’avoir des effets néfastes), qui résulteraient notamment de la contamination de l’environnement par les résidus de fumées retombés au sol.

L’incendie de Lubrizol a montré toute l’importance de cette phase post accidentelle, sur laquelle un retour d’expérience sera organisé pour proposer d’éventuelles évolution du dispositif.


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Incendie et dispersion atmosphérique des fumées

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Analyses chimiques

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Mise en sécurité du site industriel

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Dangers des substances et évaluation des risques sanitaires

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L’expertise post-accidentelle à l’Ineris