Amélioration des méthodes de caractérisation des émissions canalisées pour répondre aux besoins réglementaires La mise en place de la directive IED, il y a plus de 15 ans, a contribué à la baisse progressive des émissions industrielles. Les progrès obtenus sur les polluants historiquement surveillés associés aux émissions canalisées conduisent aujourd’hui à abaisser les valeurs limites d’émissions (VLE) et à s’intéresser à de nouveaux polluants et à de nouvelles sources. Les travaux de l’Ineris pour répondre à ces nouveaux besoins portent, d’une part, sur l’adaptation des méthodes de mesurage aux exigences de mesure des émissions canalisées à de plus faibles niveaux, associés aux meilleures techniques disponibles (MTD), et, d’autre part, sur l’élargissement des sources et polluants ciblés, parmi lesquels : les composés organiques volatils (COV) spécifiques, les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS), les composés aminés et nitrosés. Impact de l’abaissement des niveaux d’émission associés aux MTD : poussières, NOx, SOx… L’abaissement des valeurs limites d’émissions (VLE) fixées par l’IED et découlant des conclusions sur les meilleures techniques disponibles (MTD) décrites dans les BREF, pose la question de la capacité des méthodes de mesurage de référence normalisées à répondre aux exigences de limites de quantification et d’incertitudes à des niveaux d’émission de plus en plus réduits. Dans ce contexte, l’Ineris a mené des études destinées à vérifier l’aptitude des méthodes de mesurage à satisfaire les nouvelles exigences imposées par les BREF, tant pour la surveillance en continu gérée par les exploitants, que pour la surveillance périodique mise en œuvre par des laboratoires de contrôle.Deux modes d’estimation de l’incertitude de mesure sont couramment utilisés dans le domaine des mesurages à l’émission. La première approche, dite par budget d’incertitudes, combine les incertitudes liées aux caractéristiques métrologiques et celles liées à la sensibilité aux paramètres d’influence (interférents, température ambiante, pression…) du système de mesurage. La seconde approche utilise les résultats des comparaisons interlaboratoires (CIL) au cours desquelles plusieurs laboratoires mettent en œuvre simultanément la même méthode de mesurage sur une même matrice. Les CIL organisées par l’Ineris sous accréditation COFRAC (accréditation n°1-2291, portée disponible sur www.cofrac.fr et communiquée sur demande), sur un banc d’essais, montrent que le facteur humain, c’est-à-dire la façon dont les méthodes sont mises en œuvre dans des conditions parfois contraignantes, mais aussi la variabilité des performances des différents systèmes de mesurage des participants contribuent de manière importante à l’incertitude globale des méthodes de mesurage. Méthodes manuelles/ méthodes automatiques /méthodes de référenceOn distingue deux types de méthodes de caractérisation des émissions dans l’air :les méthodes dites manuelles, comprenant une phase de prélèvement sur site au moyen de supports adaptés et une analyse de ces supports en différé, par un laboratoire d'analyse ;les méthodes dites automatiques, basées sur un mesurage intégrant le prélèvement et l’analyse réalisé en ligne par un système automatisé.La surveillance en continu repose sur des méthodes automatiques. En revanche, la surveillance périodique fait appel à des méthodes de référence qui peuvent être manuelles ou automatiques selon les composés. Ces méthodes de référence appliquées par les laboratoires de contrôle sont décrites dans les référentiels normatifs, listés dans un avis du Ministère en charge de l'Environnement, et mis à jour en fonction de l'évolution des normes. Les enseignements des études menées sur les performances des méthodes de mesurage sont rassemblés dans le rapport Surveillance des rejets à l'atmosphère : proposition de nouvelles dispositions pour les contrôles réglementaires dans la perspective d'une diminution des VLE. Ils ont contribué à la publication, en octobre 2021, de la norme NF X 43-551, rédigée par la commission de normalisation AFNOR X 43B présidée par l’Ineris. Cette norme vise notamment à harmoniser et clarifier les approches dans la mise en œuvre des méthodes de mesurage lors des contrôles réglementaires, en prenant en compte le contexte d’abaissement des VLE. L’Ineris est également investi sur cette thématique dans le cadre des projets de recherche européens, tels que Impress 2, Heroes et Metzeropol, à travers la réalisation d’intercomparaisons de méthodes. Ces intercomparaisons sont réalisées sur un banc d’essais permettant de générer des matrices de combustion, au besoin en ajoutant des composés spécifiques, afin de simuler des émissions industrielles. Ces projets ont pour objectif d’évaluer les performances et les niveaux d’incertitudes des méthodes manuelles et automatiques de caractérisations des émissions de HCl, NH3, HF et formaldéhyde à de faibles niveaux de concentrations.Il est à noter que l’IED révisée prévoit une harmonisation au niveau européen des méthodes d’évaluation du respect de la conformité des niveaux d’émission associés aux meilleures techniques disponibles (NEA-MTD ou BATAEL) décrites dans les BREF, ainsi qu’une harmonisation des modalités de prise en compte des incertitudes de mesure dans les différents textes associés. Dans le cadre de ses missions d’appui, l’Ineris fournit un éclairage sur cette problématique au Ministère en charge de l’Environnement, en s’appuyant sur son expertise transversale sur les sujets IED et métrologie des émissions. Nouvelles contraintes de surveillance sur certains polluants : les COV spécifiques Le BREF WGC (Systèmes communs de traitement et de gestion des gaz résiduels dans l'industrie chimique) a élargi le périmètre des polluants visés en spécifiant onze composés organiques volatils* , pour lesquels une valeur limite de 1 mg/Nm3 est requise. Si le mesurage d’un indice global des COV par technique de type détection à ionisation de flamme (FID) est maitrisé, la caractérisation des composés individuels ou spécifiques demeure peu répandue en raison de performances insuffisantes des méthodes sur des matrices de type émissions et d’un manque de sensibilité vis-à-vis des interférents et ce malgré l’existence de textes normatifs pour certains composés.Ces méthodes sont généralement basées :sur des prélèvements sur support solide, solution ou dans des bombonnes de type canister, associés à des analyses au laboratoire par chromatographie gazeuse ou liquide pour les méthodes manuelles ;sur des mesurages par chromatographie gazeuse / spectrométrie de masse portable, ou par des techniques optiques de type diodes laser pour les méthodes automatiques.Elles ont généralement été développées pour caractériser les COV à des concentrations et dans des matrices présentant des conditions d’humidité et de température proches des conditions ambiantes. Leur utilisation pour caractériser des COV spécifiques à l’émission, c’est-à-dire dans des matrices concentrées, chaudes et humides, nécessite une étape de conditionnement de l’effluent. Des travaux de d’identification des substances sur lesquelles mener en priorité des travaux visant à disposer de méthodes de mesurage fiables ont été réalisés dans le cadre de l'axe de recherche mis en place en 2022 à l’Ineris pour améliorer ces méthodes et permettre leur utilisation dans un cadre réglementaire et pour répondre aux prescriptions des BREF STS (traitement de surface) et WGC notamment. Documents de référence nationaux et européens décrivant les méthodes de prélèvement/analyse de COV spécifiques dans les émissions atmosphériques canaliséesLes méthodes de prélèvement/analyse de COV spécifiques dans les émissions atmosphériques canalisées sont décrites dans plusieurs documents de référence :le fascicule de documentation FD X43-319, publié en 2010 par un sous-groupe de la commission AFNOR X43B animé par l’Ineris, porte sur la mise en œuvre de méthodes manuelles pour la mesure de COV spécifiques à l’émission d’installations industrielles (la révision de ce document a été lancée en 2025 ) ;la spécification technique européenne CEN/TS 13649, publiée en 2014, dont le contenu est plus limité que le texte précédent, ne s’applique qu’aux seuls composés adsorbables sur charbon actif ;la spécification technique européenne CEN/TS 17638, publiée en 2021, est dédiée à la mesure de la concentration en formaldéhyde par méthodes manuelles. Elle s’applique aux mesures de concentration en formaldéhyde comprises entre 2 mg/m3 et 60 mg/m3la norme Française X PX 43-322, publiée en 2018, et la spécification technique européenne CEN/TS 18040, publiée en 2024, décrivent l’utilisation de méthodes automatiques pour déterminer les émissions de formaldéhyde. Méthodes de caractérisation des rejets atmosphériques industriels de PFAS Les substances per- et polyfluoroalkylées, plus connues sous le nom de PFAS ou polluants éternels en raison de leur forte persistance dans l’environnement, sont utilisées dans de nombreux domaines industriels et produits de la vie courante du fait de leurs nombreuses propriétés (antiadhésives, imperméabilisantes, résistantes aux fortes chaleurs). Elles sont aujourd’hui largement présentes dans l'ensemble des compartiments environnementaux et peuvent être émises à l’atmosphère par différentes sources telles que les usines de production et d’utilisation de matériaux à base de PFAS, mais également des installations de traitement de déchets et des eaux usées. Le besoin d’améliorer la connaissance des émissions de PFAS et de renforcer leur surveillance a amené l’Ineris, en 2023, à s’intéresser à la question des méthodes de mesurage de rejets atmosphériques de PFAS pour lesquelles aucune norme française ou européenne n’existait. Après des travaux de recherche bibliographique visant à identifier les méthodes existantes, dans le cadre du plan d’actions interministériel sur les PFAS, un groupe d’experts « PFAS » animé par l’Ineris a été mis en place par l’AFNOR. Les travaux de ce groupe ont permis la publication en décembre 2024, de la norme XP X 43-126, basée sur la méthode américaine OTM-45, dédiée au mesurage des PFAS semi-volatils polaires. De nouveaux travaux sont en cours pour retranscrire en norme française la méthode américaine OTM-50 relative au mesurage des rejets atmosphériques de PFAS et autres composés fluorocarbonés volatils. La norme XP X 43-126 fait de la France un des premiers pays européens à disposer d’un référentiel normatif et d’un dispositif de surveillance des rejets atmosphériques de PFAS. Les laboratoires de prélèvement et d’analyse, dont l’Ineris, peuvent, depuis la fin de l’année 2024, demander une accréditation selon ce référentiel et répondre ainsi à l’exigence de l’Arrêté du 31 octobre 2024, pour intervenir dans le cadre de la campagne exploratoire des émissions de PFAS dans les rejets à l’atmosphère des installations de traitement thermique des déchets. L’Ineris est ainsi accrédité depuis février 2025 par le COFRAC pour le prélèvement de PFAS semi-volatils selon la norme X PX 43-126 (accréditation n°1-2291, portée disponible sur www.cofrac.fr et portée détaillée communiquée sur demande). De plus l’Ineris a organisé en 2025, une comparaison interlaboratoires (CIL), portant sur l’analyse des 49 PFAS semi-volatils polaires, listés dans l’annexe I de l’arrêté du 31 octobre 2024.Par ailleurs, les travaux de normalisation s’étendent au niveau européen avec le lancement, en juillet 2025, du groupe TC 264 WG 48 relatif aux PFAS dans l’air auquel l’Ineris contribue. Enfin, l’Ineris participe au projet Metzeropol, lancé en juillet 2025 après avoir été désigné lauréat de l’appel à projets EURAMET EMP SRT 15. Porté par un consortium coordonné par le National Physical Laboratory (NPL) britannique, ce projet vise à promouvoir le développement de référentiels et de méthodes de mesurage pour appuyer la surveillance des espèces qui suscitent de nouvelles préoccupations telles que les PFAS. Méthodes de caractérisation des rejets atmosphériques industriels de composés aminés et nitrosés (amines, nitrosamines) Le contexte de transition énergétique et de décarbonation de l’industrie implique le développement et le déploiement de nouveaux procédés industriels dont les rejets doivent être caractérisés et maîtrisés. Un des objectifs de la révision de la directive sur les émissions industrielles (IED) est de soutenir ce mouvement, notamment pour certaines filières industrielles, telles que la production d’acier, pour lesquelles la décarbonation représente un défi plus particulièrement important. Les procédés de captage du CO2 dans les fumées basés sur l’absorption chimique par un solvant aminé figurent parmi les procédés les plus avancés de traitement en post combustion des émissions pour la décarbonation de l’industrie. Ces nouveaux procédés sont susceptibles d’être à l’origine d’émissions atmosphériques d’amines et de composés nitrosés, comme les nitrosamines issues de la décomposition du solvant, et dont la caractérisation nécessite le développement de méthodes de mesurage dédiées. L’Ineris a contribué, entre 2012 et 2017, au projet Octavius (Optimisation of CO2 capture technology allowing verification and implementation at utility scale) coordonné par l’lFPEN, en proposant des méthodes de caractérisation des rejets atmosphériques et aqueux issus de ces procédés. Depuis 2022, il consacre ses travaux à de la veille bibliographique et réglementaire et au développement d’une méthode de caractérisation de ces composés en temps réel basée sur la technique CI-TOF-MS. (*) Benzène 1,3-butadiène Dichlorure d’éthylène Oxyde d’éthylène Oxyde de propylène Formaldéhyde Chlorométhane Dichlorométhane Tétrachlorométhane Toluène Trichlorométhane
Amélioration des méthodes de caractérisation des émissions canalisées pour répondre aux besoins réglementaires La mise en place de la directive IED, il y a plus de 15 ans, a contribué à la baisse progressive des émissions industrielles. Les progrès obtenus sur les polluants historiquement surveillés associés aux émissions canalisées conduisent aujourd’hui à abaisser les valeurs limites d’émissions (VLE) et à s’intéresser à de nouveaux polluants et à de nouvelles sources. Les travaux de l’Ineris pour répondre à ces nouveaux besoins portent, d’une part, sur l’adaptation des méthodes de mesurage aux exigences de mesure des émissions canalisées à de plus faibles niveaux, associés aux meilleures techniques disponibles (MTD), et, d’autre part, sur l’élargissement des sources et polluants ciblés, parmi lesquels : les composés organiques volatils (COV) spécifiques, les substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS), les composés aminés et nitrosés. Impact de l’abaissement des niveaux d’émission associés aux MTD : poussières, NOx, SOx… L’abaissement des valeurs limites d’émissions (VLE) fixées par l’IED et découlant des conclusions sur les meilleures techniques disponibles (MTD) décrites dans les BREF, pose la question de la capacité des méthodes de mesurage de référence normalisées à répondre aux exigences de limites de quantification et d’incertitudes à des niveaux d’émission de plus en plus réduits. Dans ce contexte, l’Ineris a mené des études destinées à vérifier l’aptitude des méthodes de mesurage à satisfaire les nouvelles exigences imposées par les BREF, tant pour la surveillance en continu gérée par les exploitants, que pour la surveillance périodique mise en œuvre par des laboratoires de contrôle.Deux modes d’estimation de l’incertitude de mesure sont couramment utilisés dans le domaine des mesurages à l’émission. La première approche, dite par budget d’incertitudes, combine les incertitudes liées aux caractéristiques métrologiques et celles liées à la sensibilité aux paramètres d’influence (interférents, température ambiante, pression…) du système de mesurage. La seconde approche utilise les résultats des comparaisons interlaboratoires (CIL) au cours desquelles plusieurs laboratoires mettent en œuvre simultanément la même méthode de mesurage sur une même matrice. Les CIL organisées par l’Ineris sous accréditation COFRAC (accréditation n°1-2291, portée disponible sur www.cofrac.fr et communiquée sur demande), sur un banc d’essais, montrent que le facteur humain, c’est-à-dire la façon dont les méthodes sont mises en œuvre dans des conditions parfois contraignantes, mais aussi la variabilité des performances des différents systèmes de mesurage des participants contribuent de manière importante à l’incertitude globale des méthodes de mesurage. Méthodes manuelles/ méthodes automatiques /méthodes de référenceOn distingue deux types de méthodes de caractérisation des émissions dans l’air :les méthodes dites manuelles, comprenant une phase de prélèvement sur site au moyen de supports adaptés et une analyse de ces supports en différé, par un laboratoire d'analyse ;les méthodes dites automatiques, basées sur un mesurage intégrant le prélèvement et l’analyse réalisé en ligne par un système automatisé.La surveillance en continu repose sur des méthodes automatiques. En revanche, la surveillance périodique fait appel à des méthodes de référence qui peuvent être manuelles ou automatiques selon les composés. Ces méthodes de référence appliquées par les laboratoires de contrôle sont décrites dans les référentiels normatifs, listés dans un avis du Ministère en charge de l'Environnement, et mis à jour en fonction de l'évolution des normes. Les enseignements des études menées sur les performances des méthodes de mesurage sont rassemblés dans le rapport Surveillance des rejets à l'atmosphère : proposition de nouvelles dispositions pour les contrôles réglementaires dans la perspective d'une diminution des VLE. Ils ont contribué à la publication, en octobre 2021, de la norme NF X 43-551, rédigée par la commission de normalisation AFNOR X 43B présidée par l’Ineris. Cette norme vise notamment à harmoniser et clarifier les approches dans la mise en œuvre des méthodes de mesurage lors des contrôles réglementaires, en prenant en compte le contexte d’abaissement des VLE. L’Ineris est également investi sur cette thématique dans le cadre des projets de recherche européens, tels que Impress 2, Heroes et Metzeropol, à travers la réalisation d’intercomparaisons de méthodes. Ces intercomparaisons sont réalisées sur un banc d’essais permettant de générer des matrices de combustion, au besoin en ajoutant des composés spécifiques, afin de simuler des émissions industrielles. Ces projets ont pour objectif d’évaluer les performances et les niveaux d’incertitudes des méthodes manuelles et automatiques de caractérisations des émissions de HCl, NH3, HF et formaldéhyde à de faibles niveaux de concentrations.Il est à noter que l’IED révisée prévoit une harmonisation au niveau européen des méthodes d’évaluation du respect de la conformité des niveaux d’émission associés aux meilleures techniques disponibles (NEA-MTD ou BATAEL) décrites dans les BREF, ainsi qu’une harmonisation des modalités de prise en compte des incertitudes de mesure dans les différents textes associés. Dans le cadre de ses missions d’appui, l’Ineris fournit un éclairage sur cette problématique au Ministère en charge de l’Environnement, en s’appuyant sur son expertise transversale sur les sujets IED et métrologie des émissions. Nouvelles contraintes de surveillance sur certains polluants : les COV spécifiques Le BREF WGC (Systèmes communs de traitement et de gestion des gaz résiduels dans l'industrie chimique) a élargi le périmètre des polluants visés en spécifiant onze composés organiques volatils* , pour lesquels une valeur limite de 1 mg/Nm3 est requise. Si le mesurage d’un indice global des COV par technique de type détection à ionisation de flamme (FID) est maitrisé, la caractérisation des composés individuels ou spécifiques demeure peu répandue en raison de performances insuffisantes des méthodes sur des matrices de type émissions et d’un manque de sensibilité vis-à-vis des interférents et ce malgré l’existence de textes normatifs pour certains composés.Ces méthodes sont généralement basées :sur des prélèvements sur support solide, solution ou dans des bombonnes de type canister, associés à des analyses au laboratoire par chromatographie gazeuse ou liquide pour les méthodes manuelles ;sur des mesurages par chromatographie gazeuse / spectrométrie de masse portable, ou par des techniques optiques de type diodes laser pour les méthodes automatiques.Elles ont généralement été développées pour caractériser les COV à des concentrations et dans des matrices présentant des conditions d’humidité et de température proches des conditions ambiantes. Leur utilisation pour caractériser des COV spécifiques à l’émission, c’est-à-dire dans des matrices concentrées, chaudes et humides, nécessite une étape de conditionnement de l’effluent. Des travaux de d’identification des substances sur lesquelles mener en priorité des travaux visant à disposer de méthodes de mesurage fiables ont été réalisés dans le cadre de l'axe de recherche mis en place en 2022 à l’Ineris pour améliorer ces méthodes et permettre leur utilisation dans un cadre réglementaire et pour répondre aux prescriptions des BREF STS (traitement de surface) et WGC notamment. Documents de référence nationaux et européens décrivant les méthodes de prélèvement/analyse de COV spécifiques dans les émissions atmosphériques canaliséesLes méthodes de prélèvement/analyse de COV spécifiques dans les émissions atmosphériques canalisées sont décrites dans plusieurs documents de référence :le fascicule de documentation FD X43-319, publié en 2010 par un sous-groupe de la commission AFNOR X43B animé par l’Ineris, porte sur la mise en œuvre de méthodes manuelles pour la mesure de COV spécifiques à l’émission d’installations industrielles (la révision de ce document a été lancée en 2025 ) ;la spécification technique européenne CEN/TS 13649, publiée en 2014, dont le contenu est plus limité que le texte précédent, ne s’applique qu’aux seuls composés adsorbables sur charbon actif ;la spécification technique européenne CEN/TS 17638, publiée en 2021, est dédiée à la mesure de la concentration en formaldéhyde par méthodes manuelles. Elle s’applique aux mesures de concentration en formaldéhyde comprises entre 2 mg/m3 et 60 mg/m3la norme Française X PX 43-322, publiée en 2018, et la spécification technique européenne CEN/TS 18040, publiée en 2024, décrivent l’utilisation de méthodes automatiques pour déterminer les émissions de formaldéhyde. Méthodes de caractérisation des rejets atmosphériques industriels de PFAS Les substances per- et polyfluoroalkylées, plus connues sous le nom de PFAS ou polluants éternels en raison de leur forte persistance dans l’environnement, sont utilisées dans de nombreux domaines industriels et produits de la vie courante du fait de leurs nombreuses propriétés (antiadhésives, imperméabilisantes, résistantes aux fortes chaleurs). Elles sont aujourd’hui largement présentes dans l'ensemble des compartiments environnementaux et peuvent être émises à l’atmosphère par différentes sources telles que les usines de production et d’utilisation de matériaux à base de PFAS, mais également des installations de traitement de déchets et des eaux usées. Le besoin d’améliorer la connaissance des émissions de PFAS et de renforcer leur surveillance a amené l’Ineris, en 2023, à s’intéresser à la question des méthodes de mesurage de rejets atmosphériques de PFAS pour lesquelles aucune norme française ou européenne n’existait. Après des travaux de recherche bibliographique visant à identifier les méthodes existantes, dans le cadre du plan d’actions interministériel sur les PFAS, un groupe d’experts « PFAS » animé par l’Ineris a été mis en place par l’AFNOR. Les travaux de ce groupe ont permis la publication en décembre 2024, de la norme XP X 43-126, basée sur la méthode américaine OTM-45, dédiée au mesurage des PFAS semi-volatils polaires. De nouveaux travaux sont en cours pour retranscrire en norme française la méthode américaine OTM-50 relative au mesurage des rejets atmosphériques de PFAS et autres composés fluorocarbonés volatils. La norme XP X 43-126 fait de la France un des premiers pays européens à disposer d’un référentiel normatif et d’un dispositif de surveillance des rejets atmosphériques de PFAS. Les laboratoires de prélèvement et d’analyse, dont l’Ineris, peuvent, depuis la fin de l’année 2024, demander une accréditation selon ce référentiel et répondre ainsi à l’exigence de l’Arrêté du 31 octobre 2024, pour intervenir dans le cadre de la campagne exploratoire des émissions de PFAS dans les rejets à l’atmosphère des installations de traitement thermique des déchets. L’Ineris est ainsi accrédité depuis février 2025 par le COFRAC pour le prélèvement de PFAS semi-volatils selon la norme X PX 43-126 (accréditation n°1-2291, portée disponible sur www.cofrac.fr et portée détaillée communiquée sur demande). De plus l’Ineris a organisé en 2025, une comparaison interlaboratoires (CIL), portant sur l’analyse des 49 PFAS semi-volatils polaires, listés dans l’annexe I de l’arrêté du 31 octobre 2024.Par ailleurs, les travaux de normalisation s’étendent au niveau européen avec le lancement, en juillet 2025, du groupe TC 264 WG 48 relatif aux PFAS dans l’air auquel l’Ineris contribue. Enfin, l’Ineris participe au projet Metzeropol, lancé en juillet 2025 après avoir été désigné lauréat de l’appel à projets EURAMET EMP SRT 15. Porté par un consortium coordonné par le National Physical Laboratory (NPL) britannique, ce projet vise à promouvoir le développement de référentiels et de méthodes de mesurage pour appuyer la surveillance des espèces qui suscitent de nouvelles préoccupations telles que les PFAS. Méthodes de caractérisation des rejets atmosphériques industriels de composés aminés et nitrosés (amines, nitrosamines) Le contexte de transition énergétique et de décarbonation de l’industrie implique le développement et le déploiement de nouveaux procédés industriels dont les rejets doivent être caractérisés et maîtrisés. Un des objectifs de la révision de la directive sur les émissions industrielles (IED) est de soutenir ce mouvement, notamment pour certaines filières industrielles, telles que la production d’acier, pour lesquelles la décarbonation représente un défi plus particulièrement important. Les procédés de captage du CO2 dans les fumées basés sur l’absorption chimique par un solvant aminé figurent parmi les procédés les plus avancés de traitement en post combustion des émissions pour la décarbonation de l’industrie. Ces nouveaux procédés sont susceptibles d’être à l’origine d’émissions atmosphériques d’amines et de composés nitrosés, comme les nitrosamines issues de la décomposition du solvant, et dont la caractérisation nécessite le développement de méthodes de mesurage dédiées. L’Ineris a contribué, entre 2012 et 2017, au projet Octavius (Optimisation of CO2 capture technology allowing verification and implementation at utility scale) coordonné par l’lFPEN, en proposant des méthodes de caractérisation des rejets atmosphériques et aqueux issus de ces procédés. Depuis 2022, il consacre ses travaux à de la veille bibliographique et réglementaire et au développement d’une méthode de caractérisation de ces composés en temps réel basée sur la technique CI-TOF-MS. (*) Benzène 1,3-butadiène Dichlorure d’éthylène Oxyde d’éthylène Oxyde de propylène Formaldéhyde Chlorométhane Dichlorométhane Tétrachlorométhane Toluène Trichlorométhane