20 ans d’évolution de la qualité de l’air cartographiés par l’Ineris

L’Ineris publie en ligne une cartothèque permettant de retracer l’évolution de la qualité de l’air en France, de 2000 à 2019. Ces cartes, représentatives de la pollution générale de l’air ambiant (pollution « de fond »), sont issues des simulations numériques, intégrant des données de mesure collectées sur le terrain. Une telle cartographie fournit des éléments pour mieux connaître l’exposition des populations et des écosystèmes et peut contribuer au suivi de l’efficacité des politiques de gestion de la qualité de l’air.

L’Ineris a élaboré un recueil de cartes de la qualité de l’air sur l’ensemble du territoire métropolitain et la Corse ;  les polluants cartographiés sont le dioxyde d’azote (NO2), l’ozone (O3),  les particules PM10 sur les années 2000 à 2019 et les particules PM2.5 sur les années 2009 à 2019. Ces cartographies résultent de la combinaison de données modélisées et de données d’observation réparties sur le territoire, de façon à disposer d’une représentation la plus précise possible de l’évolution des niveaux de pollution atmosphérique en France sur les 20 dernières années.

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Pourquoi cartographier la qualité de l’air sur les 20 dernières années ?

Les outils de simulation ne sont pas seulement utilisés pour la prévision de pics de pollution, ou dans le cadre d’études prospectives servant à l’élaboration des politiques de qualité de l’air (pour déterminer les mesures à prendre les plus « coût-efficaces » par exemple). Les simulations peuvent être mises à profit dans des analyses rétrospectives de l’efficacité des mesures de réduction des émissions polluantes. Les cartes d’indicateurs de pollution atmosphérique couvrant la période 2000‐2019, offrent ainsi une perspective de l’impact des politiques de gestion de la qualité de l’air depuis le début des années 2000, et de leur pertinence. Ces cartographies peuvent par ailleurs être mises au service des chercheurs et des experts, dans le cadre d’études consacrées aux impacts (sanitaires, environnementaux, économiques, sociaux, etc…) de la pollution atmosphérique. Elles constituent, en effet, une base de données nationale de référence cohérente sur l’ensemble du territoire et sur une longue période.
L’intérêt de la méthode d’analyse rétrospective (ou « réanalyse ») proposée par l’Institut, réside dans sa capacité à assurer la cohérence de la cartographie sur la longue durée : la même méthode est appliquée pour la simulation des situations d’aujourd’hui et celle des situations d’il y a 20 ans. Les cartes proposées sont donc bien comparables d‘une année à l’autre. Par ailleurs, la méthode repose sur la version la plus aboutie du modèle de simulation CHIMERE, également utilisé dans le système de prévision national PREV’AIR, qui propose une résolution fine de l’échelle spatiale (allant jusqu’à 2 km).

Comment lire les cartes ?

Pour chaque polluant, les moyennes annuelles sont proposées, de même qu’un ensemble d’indicateurs complémentaires, associés à différents seuils réglementaires ou sanitaires de qualité de l’air : valeurs limites (VL), valeurs cibles, objectifs de qualité sur le long terme. Ces normes peuvent être imposées par la réglementation européenne, ou établies directement au niveau national. D’autres indicateurs non réglementaires s’avèrent également utiles pour l’évaluation des impacts sanitaires ou environnementaux de la qualité de l’air. Ils résultent généralement de recommandations émises par l’Organisation Mondiale pour la Santé (OMS). Dans les études sanitaires, l’information sur la concentration est modulée en fonction de la densité de population exposée. C’est pourquoi l’Ineris fournit également des cartes de concentrations pondérées par la population pour différentes subdivisions administratives en France.
Les cartes sont disponibles sur un maillage continu couvrant l’ensemble du territoire ; des indicateurs correspondant au découpage administratif (régions, départements, communes) sont également disponibles.
Il est important de noter que la méthode utilisée pour établir ces cartographies et la résolution du modèle sont adaptées à la représentation de la pollution dite « de fond », qui caractérise la pollution moyenne à l’échelle d’un territoire. Ainsi, les situations de pollution importantes et très localisées (« points chauds » tels que les zones de trafic dense ou d’activités industrielles) ne sont pas représentées, ou bien de manière très lissée.

Quelques enseignements sur l’évolution de la qualité de l’air

Ces cartographies permettent une analyse approfondie de l’évolution de la qualité de l’air en France. A titre d’exemple, les éléments suivants peuvent être soulignés.
La moyenne annuelle de PM2.5 a baissé de 50% entre 2009 et 2019 en moyenne sur la France. 5% de la surface du territoire reste exposée en 2019 à des valeurs au-dessus du seuil OMS (10 µg/m3), soit 28% de la population. Même si ces niveaux restent préoccupants, une amélioration est constatée car en 2009, la totalité du territoire se trouvait exposée à des niveaux supérieurs à ce seuil.

Moyenne annuelle de PM25 en 2009 :

Moyenne annuelle de PM25 en 2019 :

La moyenne annuelle de PM10 a baissé de 39% entre 2009 et 2019 en moyenne sur la France. Sur la même période, le nombre de jours de dépassement du seuil d’information (50 µg/m3) a baissé de 96%. En remontant jusqu’en 2000, la moyenne annuelle de PM10 a baissé de 48%. Seul 0,3% de la surface du territoire reste exposée en 2019 à des valeurs au-dessus du seuil OMS (20 µg/m3), soit 4% de la population, alors qu'en 2000, il s’agissait de la quasi-totalité du territoire (99%), soit 99,8% de la population.

Moyenne annuelle de PM10 en 2000 :

Moyenne annuelle de PM10 en 2019 :

La moyenne annuelle d’ozone a augmenté de 13% entre 2000 et 2019 en moyenne sur la France. Les pics ont cependant baissé : le nombre de jours de dépassements du seuil d’information (180 µg/m3) a diminué de 37%. Les indicateurs d’exposition des écosystèmes (AOT40) et de la population (SOMO35) sont respectivement à la baisse (de 15% entre 2000 et 2019) et à la hausse (de 7% entre 2000 et 2019). L’objectif de long terme (120 µg/m3) n’est toujours pas respecté en 2019 avec 13 jours de dépassement en moyenne sur le territoire, soit une baisse de 29% par rapport à 2000.

Somo 35 en 2001 - Du fait de l'importante variabilité de l'ozone d'une année sur l'autre, la carte de l'année 2000 montre des niveaux particulièrement bas par rapport à la tendance globale sur la période 2000-2019. L'année 2020 lui a donc été préférée ici :

Somo 35 en 2019 :

La moyenne annuelle de NO2 a baissé de 46% entre 2000 et 2019 en moyenne sur la France.

Moyenne annuelle de NO2 en 2000 :

Moyenne annuelle de NO2 en 2019 :


Conditions d’utilisation
Les données associées à ces cartes sont téléchargeables sous format numérique (format netcdf ou format csv). Ces données et les cartographies correspondantes sont mises à disposition sous Licence Ouverte de la Mission Etalab qui requiert que le producteur soit identifié dans toute réutilisation, ce qui peut être fait par exemple avec la mention : « Données issues de la Cartothèque de Qualité de l’Air de l’Ineris ».

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