Observatoire de Château-Landon (77) - Synthèse des données acquises après six ans de suivi instrumental et observationnel


Description

La crue centennale de janvier 1910 a provoqué l’effondrement catastrophique de la carrière souterraine de craie de Beaulieu à Château-Landon, résultant d’une succession de processus hydrologiques et géomécaniques, incluant des précipitations intenses, une montée rapide d’un cours d’eau, la mise en charge hydraulique du massif crayeux et la remontée de la nappe phréatique. Dans un contexte de changement climatique, caractérisé par une augmentation de la fréquence et de l’intensité des événements pluvieux, ce type de mécanisme demeure susceptible de se reproduire dans d’autres carrières souterraines de craie abandonnées.
La carrière Royer, voisine de celle de Beaulieu mais restée stable, est instrumentée depuis 2019 par l’Ineris en tant qu’observatoire souterrain afin d’étudier les interactions hydromécaniques et d’évaluer l’influence des circulations d’eau sur la stabilité de massifs crayeux, anciennement exploitée en souterrain. Ce rapport constitue une analyse des données acquises depuis 6 ans et a été réalisé dans le cadre des travaux d’appui pour le ministère de l’écologie. Le dispositif, combinant capteurs géomécaniques et hydriques, levés scanner 3D et inspections géotechniques, n’a révélé aucune déformation macroscopique sur six années de suivi. Néanmoins, les données mettent en évidence des processus lents d’altération de la craie, liés à sa forte porosité et à sa sensibilité aux variations hydriques, se traduisant par une modification progressive des propriétés mécaniques et hydrauliques du massif sans expression immédiate en surface. Le comportement des fractures et les hétérogénéités de teneur en eau observées confirment la sensibilité du système aux micro-variations hydromécaniques, soulignant l’intérêt d’un suivi instrumental à long terme pour suivre et caractériser l’évolution de la dégradation de ces propriétés et, in-fine, pour anticiper d’éventuelles instabilités différées. À ce jour, le dispositif s’est montré fiable et capable de détecter des signaux faibles, ouvrant la voie à de possibles approches prédictives à long terme.