Nouvelles approches méthodologiques (NAM) pour la prise en compte des effets locaux dans l’évaluation des dangers par inhalation : cas de la fibrose pulmonaire


Description

L’inhalation de substances chimiques est une voie majeure d’exposition chez la population générale ou les travailleurs. Cette voie d’exposition peut induire localement des effets réversibles faibles à modérés du type irritation à des effets plus sévères, voire irréversibles, comme une fibrose pulmonaire.
Sauf dans certains cas particuliers, cette voie d’exposition doit systématiquement être prise en compte lors de l’évaluation de la sécurité chimique dans le cadre des réglementations relatives aux produits chimiques, biocides ou phytosanitaires. Des méthodes d’essais in vivo chez l’animal sont généralement suivies pour évaluer la toxicité par inhalation mais sont complexes à mettre en œuvre, couteuses, utilisent un nombre conséquent d’animaux et nécessitent des installations d’essais adaptées. Les données spécifiques à cette voie d’exposition ne sont donc pas toujours disponibles notamment en ce qui concerne les substances à faibles tonnages au sens de REACH pour lesquelles des essais par inhalation ne sont pas réglementairement requis.
Ainsi, afin d’explorer la survenue d’effets loco-régionaux (telle la fibrose pulmonaire) à la suite d’une exposition par inhalation, l’utilisation de nouvelles approches méthodologiques (NAM) pourrait fournir des éléments de réponse et notamment les « chemins de l’effet néfaste » ou  Adverse Outcome Pathways (AOP) qui permettent d’intégrer et d’organiser les connaissances toxicologiques pour cet effet en reliant des événements moléculaires initiateurs avec un effet néfaste au niveau de l’individu ou d’une population, par l’intermédiaire d’évènements-clés. Cette approche numérique (in silico), couplée à des données de toxicité obtenues par des expérimentations in vitro ou in silico ciblant des évènements moléculaires initiateurs (Molecular Initiating Event, MIE), ainsi que des étapes clés (Key Event, KE) de l’AOP pourrait permettre de cibler les substances susceptibles d’induire une fibrose pulmonaire.