Facteurs d'influence de la bioaccessibilité orale de métaux et métalloïdes dans les sols


Description

Pour évaluer l’exposition des populations à un polluant métallique à la suite d’une pollution industrielle, les diagnostics actuels s’appuient sur la mesure des concentrations totales des polluants dans les sols.
Pour autant, seule la fraction « biodisponible » des polluants est réellement assimilée et est susceptible d’exercer un effet toxique. Cette biodisponibilité peut être estimée à l’aide de tests in vitro en mesurant la bioaccessibilité orale (fraction extraite par les fluides digestifs). La prise en compte des fractions
bioaccessibles dans l’évaluation quantitative des risques sanitaires, permet des estimations plus réalistes des expositions et des risques, et des propositions d’actions de gestion mieux proportionnées, en particulier pour l’arsenic et le cadmium.
Afin de mieux appréhender l’exposition des populations, l’Ineris a conduit un travail de synthèse des valeurs de bioaccessibilités orales gastriques et gastro-intestinales, mesurées avec le test in vitro UBM (Unified Barge Method) dans 160 échantillons de sol pour l’arsenic (As), le cadmium (Cd), le plomb (Pb)
et l’antimoine (Sb), et acquises depuis plusieurs années sur différents types de sites. Il a été procédé à une centaine de caractérisations complémentaires de paramètres physico-chimiques des sols, permettant une meilleure compréhension de leur influence sur la bioaccessibilité orale.
Le bilan de l’étude fait apparaître une grande variabilité des fractions bioaccessibles entre As, Cd, Pb, et Sb, et des larges gammes dans les sols pour une même substance, montrant généralement des fractions bioaccessibles du plomb supérieures à celles de l’arsenic, du cadmium et de l’antimoine.
Il ressort de cette étude des comportements différents des métaux et la grande complexité des phénomènes impliqués gouvernant la variabilité des bioaccessibilités.
La mise en œuvre de plusieurs approches statistiques a permis de dégager certains paramètres physico-chimiques des sols influençant la bioaccessibilité, qui sont à considérer en priorité pour orienter le choix des échantillons pour les mesures de bioaccessibilité avec le test UBM, qui doivent rester spécifiques à chaque site.
Ces travaux seront poursuivis pour approfondir les relations observées.
Ces travaux ont été réalisés en coûts partagés entre GEODERIS et l’Ineris dans le cadre de sa mission d’appui aux pouvoirs publics.