Comportement des substances per et polyfluoroalkylées (PFAS) dans les sols et les eaux souterraines

Rapport d'avancement : travaux expérimentaux menés par l'Ineris en 2025 et perspectives


Description

En 2025, l'Ineris a mené des travaux expérimentaux pour caractériser la pollution aux PFAS de trois échantillons de sols, prélevés sur un site industriel sur lequel des mousses d’extinction d’incendie ont été utilisées, sur un site d’entraînement au feu des pompiers et sur un site d’ennoblissement textile. L’évaluation du relargage des PFAS à partir de ces trois sols, vers les eaux souterraines, a également été menée, à l’échelle du laboratoire.

L’analyse des PFAS dans les échantillons de sols montre que la prise en compte des seuls 20 PFAS issus de la directive EDCH n’est pas suffisante pour expliquer la totalité de la pollution en PFAS. Ainsi, pour une évaluation plus robuste de l’exposition et du risque sanitaire sur les sites impactés par des mousses d’extinction d’incendie, il est recommandé d’ajouter a minima les FTS et le 6 :2 FTAB au programme analytique, en complément des 20 PFAS de la directive EDCH. Concernant les sols impactés par des activités d’ennoblissement textile, l’analyse des 20 PFAS de la directive EDCH pourrait également ne pas être suffisante et devoir être complétée par l’analyse de précurseurs, comme les PFSE et les FTOH, ainsi que de leurs produits de dégradation, comme les FTCA.

Par ailleurs, d’une manière générale, le relargage des PFAS à partir de ces trois sols est très élevé. En effet, selon les critères de l’UBA (agence allemande de l’environnement), tous les PFAS considérés dans cette étude sont classés comme mobiles à très mobiles dans les sols et les eaux souterraines. Ils auront donc la capacité de former des panaches de pollution étendus dans les eaux souterraines et pourront donc migrer loin des limites des sites impactés.

Enfin, les résultats des expériences de relargage au laboratoire montrent que la longueur de la chaîne carbonée, la famille de PFAS et la teneur en matière organique du sol, en particulier pour les PFAS à chaînes longues, sont des paramètres clés à prendre en compte pour l’évaluation de leur comportement dans les sols et donc de l’exposition de l’Homme. Pour les PFAS à chaînes courtes, d’autres composants du sol entreraient en jeu, comme les limons et les argiles. Cependant, la proportion de la contribution des différents mécanismes et composants du sol à la sorption des PFAS dans les sols reste un verrou. Des recherches complémentaires sont donc nécessaires, en particulier pour les PFAS à chaînes courtes qui ont été très peu investigués jusqu’à présent.


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