Air quality around airports


Description

Dans le cadre des travaux du centre thématique européen sur la santé humaine et l’environnement (ETC HE) qui intervient en soutien de l’Agence Européenne de l’Environnement, l’INERIS a contribué à une étude de la qualité de l’air dans les aéroports et leurs environs. Cette étude a évalué la qualité de l'air dans 23 aéroports européens, sélectionnés pour leur trafic élevé, leur répartition géographique et leur proximité avec des zones densément peuplées, parmi lesquels figurent de grandes plateformes comme Francfort, Paris-Charles de Gaulle et Amsterdam-Schiphol. 
L'analyse s'est concentrée sur trois polluants (NO₂, PM2.5 et O₃) à partir des données d’observations validées de 2023, en comparant les concentrations selon deux scénarios : vents soufflant depuis l'aéroport et vents provenant d'autres directions. La couverture des stations de mesure s'est révélée très inégale, onze aéroports ne disposant d'aucune station NO₂ à moins de 5 km et quinze n'en ayant aucune pour les PM2.5. La couverture spatiale s'améliorait néanmoins avec la distance, en particulier pour l'ozone, dont le caractère régional justifie une distribution plus étendue des points de mesure. Les analyses par secteur de vent ont mis en évidence des impacts potentiels liés aux aéroports : pour le NO₂, 18 aéroports présentaient des hausses supérieures à 10% en conditions sous le vent, avec des augmentations notables à Amsterdam (113%), Rome (90%), Lisbonne (88%) et Madrid (83%) ; pour les PM2.5, 15 aéroports présentaient des hausses allant jusqu'à 57%.
Les cartes de la qualité de l’air haute résolution de l'Agence Européenne pour l'Environnement ont fourni des résultats robustes, montrant que les concentrations de NO₂ étaient systématiquement plus élevées dans les zones aéroportuaires que dans les zones représentatives de la pollution de fond régionale, avec des écarts dépassant 10 μg/m³ aux aéroports de Madrid et Lisbonne, Milan dépassant la valeur limite fixée pour 2030 (20 μg/m³) par la Directive européenne révisée 2024/2881. Six aéroports dépassaient également le seuil de 10 μg/m³ pour les PM2.5, tandis que les concentrations d'ozone restaient comparables entre aéroports et régions environnantes, mais largement supérieures aux recommandations de l'OMS (WHO, 2021) . 
Les tendances à long terme (2005-2023) confirment une baisse d'environ 45% du NO₂, alors que l’ozone en moyenne annuelle a augmenté d'environ 23% près des aéroports. Enfin, les particules ultrafines constituent une préoccupation émergente, les concentrations annuelles moyennes dépassant 20 000 particules/cm³ à moins d'un kilomètre des opérations aéroportuaires, ce qui souligne la nécessité d'un suivi standardisé pour évaluer l'exposition des populations.