Note de veille sur les risques induits par H2S en géothermie profonde


Description

Lors des phases d’exploration, de test ou d’exploitation d’un gîte géothermique profond, le fluide géothermal naturellement présent à forte pression est susceptible d’atteindre la surface et de dégazer. Le gaz émis est alors majoritairement constitué de vapeur d’eau, ainsi que d’une phase dite non condensable, essentiellement formée de CO2 accompagné notamment d’H2S ou hydrogène sulfuré, un gaz toxique.
De ce fait, alors que la filière géothermique est très peu accidentogène, le dégazage de fluide géothermal est la principale source d’accidents graves, même en géothermie de basse et moyenne énergie. Grâce à la constitution d’une base de données internationale d’émission d’H2S en contexte géothermique, on a dénombré 32 cas qui ont fait 18 morts et des dizaines de blessés en 60 ans dans le monde. Il s’agit principalement de l’émission d’H2S préalablement accumulé dans des installations, du dysfonctionnement de systèmes de sécurité, ou du dégagement de H2S néoformé par réaction chimique avec un autre produit. Les atteintes les plus importantes à l’homme sont dues à la trop grande proximité d’ouvriers par rapport à un point connu d’émission d’H2S, à la propagation d’un panache gazeux riche en H2S à une distance inattendue mais aussi à la présence de ce gaz dans des locaux confinés. C’est ainsi la phase d’exploitation des centrales géothermiques qui est le plus souvent impactée.
Ce travail a été réalisé sur la base des informations disponibles à ce jour, mais des compléments d’analyse sont encore nécessaires pour clarifier les causes accidentelles dans certains cas.