Surveillance de la qualité de l’air autour des installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE)
La surveillance dans l’air des retombées des émissions atmosphériques autour d’une ICPE soumise à autorisation peut être mise en place volontairement par l’exploitant pour répondre, par exemple, à des demandes des populations ou bien être imposée par différents cadres réglementaires (dossier de demande d’autorisation d’exploiter, arrêté préfectoral, arrêtés ministériels…).
L’Ineris a produit un guide définissant les repères méthodologiques nécessaires à la mise en œuvre de cette surveillance :
- soit ponctuellement, pour permettre d’établir l’état actuel du milieu atmosphérique dans le cadre d’une demande d’autorisation d’exploiter d’une ICPE ou d’une modification substantielle de ses conditions d’exploitation ;
- soit lorsque celle-ci s’inscrit dans un programme de surveillance environnementale autour d’une ICPE, exigé par la réglementation nationale ou prescrit par arrêté préfectoral.
La surveillance dans l’air ne peut se substituer à la surveillance d’autres matrices notamment pour caractériser une pollution historique d’un milieu accumulateur.
Ce guide est destiné à des acteurs de terrain : industriels, laboratoires, bureaux d’études, DREAL qui sont confrontés dans le cadre de leurs activités quotidiennes à la mise en place ou à l’évaluation de la qualité de campagnes de mesures. Il est un complément sur le volet « air » au guide sur l’Évaluation de l’état des milieux et des risques sanitaires (Ineris, 2021).
L’approche proposée dans ce guide repose sur une phase approfondie d’études préalables (documentaires et de terrain) du site et de son environnement, qui doit permettre de construire une stratégie de mesure proportionnée aux enjeux.
Si ce guide propose des repères méthodologiques, leur bonne mise en œuvre repose sur un important savoir-faire des opérateurs de terrain et une bonne connaissance des normes de mesure auxquelles ce guide ne peut pas se substituer.
Par ailleurs, les services de l’État (DREAL, Préfecture) restent les prescripteurs de la surveillance autour des ICPE au moyen d’arrêtés préfectoraux qui « fixent les moyens d’analyses et de mesures nécessaires au contrôle de l’installation et à la surveillance de ses effets sur l’environnement » (article R. 512-28 du Code de l’environnement).
Enfin une méthodologie de surveillance est un outil « vivant » qui doit évoluer dans le temps, afin de s’adapter à l’évolution des enjeux autour du site. Elle peut donc être renforcée ou allégée. On veillera cependant à toujours permettre de raccorder les résultats de mesure à l’historique des données précédemment acquis.