Les inégalités environnementales : de quoi parle-t-on ?
Les inégalités environnementales se définissent comme des situations de surexposition potentielle de population(s) à un ou des facteurs de risques ou de nuisances environnementaux. Ces inégalités face aux dégradations de l’environnement constituent une des dimensions de la notion de de justice environnementale née aux Etats-Unis dans les années 1980, mouvement au sein duquel des populations défavorisées se mobilisent contre des pratiques à l’origine d’impacts néfastes sur le milieu naturel. La notion de justice environnementale est entrée dans la constitution française avec la Charte de l’environnement en 2005.De fait, le concept d’inégalité environnementale a rapidement fait émerger l’hypothèse d’un lien entre inégalité sociale et inégalité environnementale : les populations défavorisées, plus vulnérables, seraient davantage exposées aux facteurs de risques environnementaux et donc plus susceptibles d’être soumises à des inégalités de santé. Ainsi, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait en 2012 le constat que la réduction des inégalités de santé sur un territoire implique l’identification et la caractérisation des inégalités d’exposition, associées aux facteurs sociaux, pour identifier et hiérarchiser des actions de prévention.
Dans cette perspective, l’harmonisation des méthodes et outils ainsi que le partage des données et des indicateurs au niveau national sont un pré-requis pour développer des démarches de diagnostic opérationnelles cohérentes sur l’ensemble du territoire. D’un point de vue scientifique, la notion d’inégalité environnementale est complexe à appréhender :
- Elle fait intervenir la dimension d’échelle spatiale, car elle peut se décliner au niveau local, régional ou global.
- Elle nécessite de traiter des données de nature très variée : concentrations de polluants dans l’air, l’eau, les sols et la chaîne alimentaire ; informations médicales ; pratiques socio-culturelles…
- Les facteurs de risque considérés sont multiples et ils peuvent avoir une origine humaine comme naturelle : présence de substances chimiques dans l’environnement, bruit, odeurs, champs électromagnétiques, contamination microbiologique…