1990 - 2010 : l'INERIS a 20 ans !

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A l'occasion de l'anniversaire de l'institut vous allez découvrir, au fil de l'année, l'histoire de l'INERIS à travers 3 chapitres illustrés :
> 1906 - 1992
> 1993 - 1999
> 2000 - 2010


> Interview de C. Tauziède, secrétaire général de l'INERIS

Chapitre 1 : 1906-1992

L’INERIS prend sa source dans le CERCHAR et l’IRCHA
Le 10 mars 1906, la catastrophe de Courrières, avec ses 1 099 victimes, produisit comme un coup de tonnerre dans une atmosphère plutôt sereine. De nouvelles études vont se développer pour améliorer la sécurité des personnels. À cette fin, deux stations d’essais vont être mises en place :

1907 à Liévin : dirigée pendant 7 ans par Jacques Taffanel, qui travaillera notamment sur les poussières de houille ; elle sera détruite au cours de la 1ère guerre mondiale.
1920 à Montluçon : Etienne Audibert, son directeur, sera aussi le Président des Charbonnages de France (CdF) en 1948. Des tirs d’explosifs permettent d’étudier l’inflammation des poussières et du grisou, les chercheurs s’intéressent également au traitement chimique de la houille.

La loi de nationalisation des houillères en 1946 donne à CdF la responsabilité en matière de recherche, le 1er juillet 1947, est créé le CERCHAR (Centre d’Etudes et Recherches des Charbonnages de France), un grand établissement central de recherches au sein de CdF.

Pendant des années, le Centre joue le rôle d’un vivier pour le développement technologique de Charbonnages de France, s’intéressant à des thèmes scientifiques qui ne peuvent être traités dans les bassins (sécurité des travailleurs, métrologie des poussières et du grisou, maladies respiratoires…). Michel Turpin directeur adjoint puis directeur du Cerchar le décrivait en 1990 dans Préventique « Notre rôle était double. Celui d’un service d’entreprise et celui d’un organisme consultatif auprès du gouvernement. Je dirais que c’est quelque chose d’assez unique dans le monde en ce sens que le Centre national de sécurité dans les mines de charbon était confié à une entreprise nationale. Ce n’était pas le cas dans les autres pays ».
La récession du charbon en tant que source d’énergie s’annonce dans les années 1950.
A partir de la fin des années 1960, le Centre met ses compétences et ses connaissances, notamment en matière d’explosions de gaz et de poussières, au service de nouveaux secteurs industriels.
Le Centre s’implique au cours des années 1970 dans la chimie, la qualité de l’eau et de l’air. Des liens de plus en plus étroits se nouent alors avec l’institut national de recherche chimique appliquée (IRCHA).
L’accident de Liévin, en 1974, recentre un temps les activités sur la sécurité minière, tandis que l’étude physico-chimique du charbon se poursuit. Mais le mouvement est enclenché et irréversible. Très vite, le Centre va se trouver dans l’obligation de devenir prospectif, et l’environnement industriel va lui offrir cette opportunité.
Dans un contexte marqué par une diminution de l’activité liée au charbon, le CERCHAR, dont la taille et le budget en font un centre de recherche disproportionné pour le groupe CdF, va devoir sortir de son giron.
A la fin des années 1980 des craintes mobilisent l’opinion publique en France et dans le monde (catastrophe de Bhopal, explosion de la navette challenger, nuage de Tchernobyl…). Le potentiel du CERCHAR va alors être mis au service de la collectivité, dans le cadre d’une politique que les pouvoirs publics entendent construire sur les enjeux majeurs que sont l’environnement, l’hygiène et la sécurité industrielle. Fin 1990, il est mis fin au CERCHAR : par décret du 7 décembre 1990, un nouvel organisme est créé, l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS), à partir du CERCHAR renforcé par l’arrivée d'équipes de l’IRCHA.
Placé sous la tutelle du ministère chargé de l’Environnement, l’INERIS a pour mission de réaliser ou de faire réaliser des études et des recherches permettant de prévenir les risques que les activités économiques font peser sur la santé, la sécurité des personnes et des biens , ainsi que sur l’environnement, et de fournir toute prestation destinée à faciliter l’adaptation des entreprises à cet objectif.
1991 va être une sorte d’année zéro, avec des équipes fonctionnant dans l’esprit des projets précédents : formation d’un conseil d’administration, négociations sur les transferts de statuts…
Progressivement, l’institut occupe le terrain du risque industriel, communique, engage des contacts. En 1992 la volonté de s’engager dans une action internationale active sera illustrée par la participation de l’INERIS à la Conférence de Rio.
L’époque qui s’ouvre reflète les préoccupations générales sur l’environnement et les risques industriels. L’Institut doit désormais fournir de gros efforts pour trouver des ressources propres pour compléter le financement public.

 Interview

Christian Tauziède, secrétaire général de l'INERIS